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UNE FIGURE DU ROLLER: ARNAUD GICQUEL

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Arnaud avait commencé le roller de vitesse à la fin des années 70 : à l’époque, le roller s’appelait encore le patin à roulettes et les roues étaient en bois. Arnaud avait juste suivi un de ses copains de Rezé dans le club local et le virus l’avait pris, sans jamais le quitter. Pour bon nombre d’observateurs, Arnaud était un patineur né, celui qui aurait été capable de battre quiconque dans n’importe quelle circonstance tellement il avait la classe. Le « quad » l’avait d’ailleurs mené sur la route de la gloire, jusqu’au titre de champion d’Europe des jeunes acquis en 1987 (il en décrocha 40 au total), puis le titre de champion du monde en 1991, à l’âge de 18 ans seulement !
Mais déjà, le roller, et donc Arnaud, prenaient un premier virage : exit les « quads », bienvenue au inline ! Les patins aux roues alignées descendent alors des Pays-Bas et envahissent petit à petit toute l’Europe. Lors des tous premiers championnats internationaux, les Battaves surclassent à la fois les Européens et les Américains. Mais dès 1993 et grâce à une adaptation express, les Dante Muse et autres Arnaud Gicquel, suivis bientôt par des graines de champions comme Chad Hedrick, Jorge Botero et Pascal Briand, se convertissent tous au inline et reprennent leur leadership sur la scène mondiale.

Trois longueurs d’avance
Pour Arnaud comme pour les autres, la conversion aura été une véritable révolution, voire même un pari risqué. Arnaud se souvient que, poussé par son entraîneur d’alors, Christophe Audoire, il a dû répéter et répéter ses gammes, et aller aux Pays-Bas pour progresser. Au départ, il subit quelques déconvenues… Et au fur et à mesure, la foulée s’imprimait et la classe reprenait le dessus ! Arnaud enchaîna donc les stages et les courses, aussi bien sur la route que sur les lacs gelés, et il revint dans l’Hexagone avec trois bonnes longueurs d’avance sur la plupart des autres compétiteurs.
Cet avantage, il allait le capitaliser alors que le roller de vitesse entamait sa mue vers le professionnalisme. Arnaud a été des premières aventures des teams professionnels, d’abord au sein du team Bauer dès 1997 avec notamment Benoît Perthuis ou encore Cédric Michaud, puis, à partir de 1999, dans le team Rollerblade. C’est l’époque des premières séries de marathons internationaux, comme l’European Inline Cup, et des courses aux quatre coins du monde (Rome, Londres, Paris, Eindhoven ou New York par exemple). C’est aussi l’époque à laquelle Arnaud gagne le dernier de ses quatre titres mondiaux, en 1998, à l’occasion de la course à points sur route à Pampelune.
Les championnats du monde furent l’un des sommets dans la carrière du Ligérien. Mais, malgré ses vingt-neuf médailles décrochées lors de ces joutes au plus haut niveau, Arnaud aura souvent été « barré » tout au long de sa carrière par un certain Chad Hedrick - arrivé chez les Seniors en 1994 à Gujan-Mestras - pour la médailles d’or…

La gloire mondiale sur les marathons
Mais de l’autre côté, Arnaud aura connu la gloire mondiale sur les marathons. Par exemple, il finissait la saison 2001 en tête des bilans mondiaux de la Roller World Cup, à la première place de la Swiss Inline Cup et il décrochait aussi le titre mondial par équipe avec Rollerblade. Une performance qu’il avait déjà achevée pour la S.I.C. en 1999 et 2000 ! Arnaud était capable de gagner sur tous les types de terrains – même si ceux de la Coupe du monde étaient alors relativement plats – et dans toutes les conditions. D’ailleurs, à cette époque, le leader de l’équipe sur la série mondiale des marathons, c’est plutôt Jorge Botero : les diverses fortunes de course ont permis au Français de quand même s’imposer au classement mondial. Il est alors coaché par son autre entraîneur, Alain Nègre, et entouré de coéquipiers de luxe : Jorge Botero donc, Diego Rosero, Fabien Rabeau, Shane et Kalon Dobbin.
A partir de 2003, Arnaud commence à voir la « chance » tourner. Il a quitté Rollerblade World pour l’équipe nationale suisse de Rollerblade et est alors victime de petites blessures musculaires à répétition : notamment une pubalgie contractée en 2004 et une blessure due à une grave chute à l’entraînement (subie) en 2005, et qui plus est à chaque fois en plein milieu de saison ! Malgré tout, il est toujours aussi performant, comme par exemple lorsqu’il s’impose au nez et à la barbe du peloton international à Engadin, sous l’orage (juin 2003) ! Quelques semaines plus tard, il va chercher le bronze sur le marathon du championnat du monde à Ostende (août 2003). Il revient l’année suivante dans le team Rollerblade World, parvient à nouveau à décrocher quelques podiums sur les marathons malgré une saison tronquée donc (pubalgie). Il part alors en 2005 vers le team SAAB Salomon World et réussit encore à s’imposer sur les podiums des F.I.C. (Plouha, les Herbiers) et de courses internationales (Hambourg).
Sa dernière course aura été à l’image de sa carrière, efF.I.C.ace et sérieuse. A Nîmes début avril, il parvenait à se glisser dans la bonne échappée, à la faire vivre et à aller chercher la troisième place grâce à son coup de rein. Un dernier podium parmi tant d’autres en marathon…

La F.I.C. a grandit, sa fille aussi
Aujourd’hui, et depuis six années maintenant, Arnaud est le directeur de la French Inline Cup, la série française des marathons. De quatre marathons au départ, la F.I.C. s’est élargie cette saison à douze rendez-vous, dont trois classés World Inline Cup. D’année en année, la F.I.C. grandit et attire de plus en plus de patineurs. Arnaud est en passe de réussir son pari : celui d’amener le roller de vitesse, un sport très technique, voire élitiste, vers un large public. C’est un travail à plein temps et cela a très certainement conforté sa décision de raccrocher. Par ailleurs, parallèlement à la F.I.C., sa fille aussi grandit, et un second bébé arrivera bientôt... Quand on est patineur professionnel, on passe presque la moitié de la saison en voyage : c’est quasiment incompatible avec une vie de famille « normale ». En somme, à bientôt 34 ans et alors qu’il était toujours aussi compétitif – en témoigne son podium à Nîmes début avril – Arnaud a décidé de tirer sa révérence. Par la grande porte.
Ses adversaires sur la piste - et amis en dehors - garderont de lui l’image d’un patineur doué, rapide et endurant, fair-play, tourné vers l’avant, ouvert aux autres et toujours prêt à échanger quelques paroles à toute occasion. Ces qualités, il les a déjà mises au service de la F.I.C.… Et on l’espère pour longtemps. Sa carrière, longue et glorieuse, reste une belle carte de visite et légitime son engagement pour la reconnaissance du roller skating de vitesse en France. Il laisse la place à d’autres sur la piste, mais reste bien présent au sein de notre sport, et c’est tant mieux !
 
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